Boubacar Doumbia, l'artiste solidaire du Bogolan

Publié le 04/12/2014

  • Boubacar Doumbia, l'artiste solidaire du Bogolan

En Bambara (langue la plus parlée au Mali), le mot bogolan vient des mots bogo, qui signifie « la terre », et lan, suffixe bambara qui veut dire « issu de ». Il désigne à la fois le tissu et un style particulier de teinture.

Le Bogolan est un art développé au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest. Le Bogolan est issu d’un long processus de fabrication, dont la technique se transmet de génération en génération. 

plongée du coton dans le ngalama, bogolan 
Source : DNA 

Le tissu de base est constitué de coton naturellement bio (dans le sens où les paysans maliens n’ont pas les moyens d’utiliser de pesticides), filé au fuseau par les femmes et tissé sur place par les hommes.

L’étoffe est ensuite plongée dans une teinture végétale, une décoction de n'galama (décoction de feuilles de bouleau d’Afrique, utilisée également dans la pharmacopée africaine) qui va donner la coloration de base. Le tissu est ensuite exposé à plat au soleil. Il va alors prendre une belle teinte jaune et devenir le support du travail de l'artiste. Ce dernier va structurer son dessin sur le tissu à l’aide de boue fermentée (le bogo) avec un calame, un pinceau et parfois à l’aide de pochoirs. Le tissu est ensuite lavé et séché à plat. L'artiste applique ensuite une deuxième couche.


technique du bogolan atelier ndomo trempage du coton atelier ndomo

Source : DNA 

L'obtention des motifs blancs s’obtient par décoloration, à partir d’un mélange de lessive en poudre de chlore et de savon de karité.

Plusieurs couleurs de bogolan peuvent être obtenues. Le noir est obtenu avec de l'argile fermenté plusieurs semaines dans une jarre. Le marron clair est le résultat d'une décoction d'écorces de néré et le marron foncé s'obtient en mélangeant le n'galama et l'argile. L'ocre jaune s'obtient en mêlant le n'galama à de la cendre. Le rouge bourgogne résulte de la décoction de l'écorce du raisin sauvage.

essorage du tissu atelier ndomoboubacar doumbia atelier ndomo
Source : DNA

Selon les croyances locales, la boue ferrugineuse proviendrait des mares sacrées dans lesquelles résident les âmes des ancêtres. Elle recèlerait donc des forces vitales qui protègent son porteur en cas de perte de sang. Le bogolan a donc longtemps été l’habit de prédilection des chasseurs et des femmes lors des accouchements ou des cérémonies d’excision.  Traditionnellement, il s’agit également d’une technique d’expression puisque chaque motif révèle une symbolique, une signification ayant pour fonction la transmission de connaissances ou de valeurs culturelles

Boubacar Doumbia s’est défait des motifs traditionnels pour inventer des motifs très contemporains. 

Boubacar Doumbia est un artiste du bogolan au MaliBoubacar Doumbia maitre du Bogolan
Source : DNA

Ecoutez son interview sur la video plus haut où il explique son travail, la transmission de ses ethniques et ses valeurs.

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Virginie Boillet
Fondatrice Cabane indigo 

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